dimanche 23 août 2009

Le télévisionneur a visionné : les séries américaines

L'Amérique est partout. Et par Amérique, on parle bien entendu des Etats-Unis qui diffusent leur culture dans le monde entier à travers leurs films et leurs séries. Nous ne parlerons pas ici de la qualité de ces derniers car elle serait largement discutable : il y a du bon et du très (très !) mauvais.
Les Etats-Unis sont le principal producteur de supports cinématique et télévisuel. Ils débordent d'imagination tant on y trouve tout et rien à la fois. Ces films et ces séries télévisuelles représentent donc un élément stratégique de l'américanisation des peuples et cultures du monde entier. Et cette américanisation, qui dure depuis quelques décennies maintenant, est devenue redoutable tant son efficacité n'est plus à prouver. Evidemment, cette américanisation ne passe pas que par le grand (ou petit) écran, elle est bien plus vicieuse que cela : la restauration rapide (McDonald's, KFC, Burger King, etc.) et l'univers musical sont une autre facette de cette américanisation. Notons d'ailleurs que nous assistons aujourd'hui, et en Europe, à une bataille étasunienne : McDonald's et KFC sont deux piliers de la restauration rapide aux Etats-Unis et leur guerre dure depuis le début des années 1970 au sein même des Etats-Unis ; la guerre opposant le poulet à la viande rouge, deux cultures américaines s'affrontent désormais en dehors du pays qui a vu naître cette bataille acharnée.
Mais revenons à notre petit écran.
De nos jours, les séries américaines représentent une part de marché énorme et quelque peu dangereuse car les télévisions étrangères en sont devenues fortement dépendantes. Et il est en effet plus facile d'acheter une série que d'en produire une, sans compter que les frais engendrés dans les deux cas ne sont pas du tout les mêmes.
Cette américanisation par la vision est ancrée dans notre culture comme dans notre quotidien, et les efforts à la fondre dans notre univers franco-français se fait de plus en plus timide. Il suffit de regarder les grilles de programmation pour s'apercevoir que les titres de ces mêmes séries (ou films) sont de moins en moins traduits. Deux raisons pourraient être évoquées pour expliquer ce phénomène : premièrement, la population française est de plus en plus compétente dans la langue de Shakespeare ; ou, deuxièmement, la traduction coûte cher. Ces deux explications ne tiennent, bien entendu, pas la route. En effet, la population française est peut-être légèrement plus compétente en anglais qu'il y a 20 ou 30 ans, mais cette même population n'approche absolument pas le bilinguisme des pays scandinaves, par exemple, bien au contraire. Quant aux coûts de traduction, on sait qu'ils sont énormes mais "oublier" de traduire un titre, c'est comme oublier de traduire un mot dans un texte en comportant 300 000 ; ça n'a aucune logique.
Hier soir (samedi 22 août 2009), TF1 diffusait une série américaine intitulée "Eleventh Hour" (la onzième heure). Plusieurs constats peuvent être faits sur la non-traduction de ce titre :
1. les deux mots paraissent très simples mais le niveau moyen de l'anglais en France permet-il la compréhension de ce titre ?
2. la prononciation de ce même titre paraîtra plutôt ardue à une personne n'ayant pas un niveau avancé en anglais ; on sait à quel point les Français ont une difficulté certaine à prononcer le son "th".
3. la traduction française (la onzième heure) traduit mot pour mot le titre original, ce qui, n'est pas toujours possible ; quel intérêt donc à ne pas le traduire ?
Pourtant, ne blâmons pas les chaînes de télévision qui savent, parfois, faire des traductions cohérentes. Prenons l'exemple d'une série que beaucoup d'entre vous connaissent : Les Experts. Cette série canado-américaine, et diffusée sur TF1, comporte trois variantes : "Les Experts" (dont le titre avait été traduit par "CSI : Les Experts", au début), "Les Experts : Manhattan", et "Les Experts : Miami" — les titres originaux étant respectivement "CSI: Crime Scene Investigation", CSI: Manhattan" et "CSI: Miami". TF1 qui avait d'abord traduit la première série comme "CSI : Les Experts" avait en fait procédé à une pseudo traduction, le titre original étant repris dans le titre français, lequel est d'ailleurs devenu "Les Experts", sans le "CSI". Vous penserez probablement que ce choix d'omettre "CSI" peut être expliqué par le fait que la chaîne a ensuite acheté les droits des deux autres variantes, et qu'il semblait donc trop lourd de les traduire comme "CSI : Les Experts Manhattan" et "CSI : Les Experts Miami". Et vous aurez raison. Partant du constat que personne en France ne saura à quoi réfère "CSI", on ne comprend donc pas le premier choix de TF1 de traduire, à moitié, le titre d'origine.
Toutefois, ce serait oublié que les majors américaines qui détiennent les droits de ces séries imposent leurs propres règles. Cet élément est primordial car ce sont elles qui dictent les règles de la traduction des titres, à moins que les chaînes leur démontrent que leur point de vue est discutable.
Par conséquent, la traduction, ou la non-traduction, d'un simple titre ne se décide pas au lancer de dés, mais est bien sujette  à une réflexion de la part des majors, qui seront seules, ou presque, à estimer si le titre (et donc l'américanisation) doit être sauvegardé, ou non...

samedi 22 août 2009

Le télévisionneur a visionné : Apple vs le monde

L'été n'aidant pas vraiment à être productif, la télé nous a concocté une explosion d'iPhone.
Un jeune Aixois possédant un iPhone est victime de projections de verre : l'appareil aurait chauffé provoquant des fissures au niveau de l'écran et plus grave, des projections de bouts de verre ; le jeune homme a reçu quelques projections dans l'œil gauche. La mère a tenté de contacter le SAV de la marque Apple, lequel lui a simplement répondu : "C'est impossible".
La presse s'est emparée du sujet et nous l'a mis à toutes les sauces matin, midi et soir. Là où l'affaire est devenue plus sérieuse c'est lorsque les journalistes se sont aperçus que la marque américaine n'avait pas l'intention de communiquer sur le sujet ; on s'est donc d'abord demandé si cette marque n'avait pas de "cœur", puis on en était sûr.
Alors qu'on approche les 30 millions d'iPhone vendus dans le monde, il est nécessaire d'indiquer que 4 cas d'"explosions" d'iPhone sont connus. Ceci ne remet pas en cause la gravité de ces 4 cas mais toute personne se posera une question qui me semble assez logique : pourquoi seulement 4 cas ? Nul ne peut savoir mais il y a évidemment quelques théories : les autres se sont tus ou ces 4 ont fait n'importe quoi avec leur téléphone. Je vous laisserai vous faire votre propre opinion sur la chose.
Mais plus loin que l'affaire d'un jeune homme qui est victime d'un téléphone (trop) intelligent, on assiste alors à un acharnement médiatique envers une entreprise qui ne souhaite pas communiquer.
Apple est une entreprise peu banale, souvent comparée à une secte car l'inconnu fait peur, c'est bien connu. Et force est de constater qu'une entreprise qui ne communique pas est une entreprise détestée des media. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette marque est une des seules au monde à dicter ses propres règles, y compris, et surtout même, avec la presse. La presse n'aime pas ça, la presse condamne.
Là où cette histoire prend une ampleur qui me dépasse c'est que tout le monde semble avoir oublié que la marque à la pomme est aujourd'hui condamnée par une stratégie marketing qu'elle a toujours eue. Apple n'a jamais communiqué, Apple a toujours été secrète ; Apple c'est un peu comme un cercle privé où seuls les privilégiés ont droit au "mieux". Mais Apple c'est surtout une image de marque puissante. Puissante car cette entreprise a longtemps fait sourire les leaders des milieux informatiques lorsqu'elle clamait haut et fort que ses produits étaient les meilleurs au monde. Une arrogance qui ne laissait jamais indifférent et attirait la sympathie. On a donc une marque qui a toujours eu une très bonne image et qui d'un coup d'un seul reçoit la foudre de la presse pour 4 jeunes cas isolés qui, encore 15 ans plus tôt, se seraient pris une gifle des parents.
Que l'on veuille croquer de la pomme, c'est concevable, mais dans ce cas y a-t-il une relation de cause à effet avec l'actuel succès de cette marque ? Vous connaissez déjà la réponse, on la connaît tous. Auparavant, Apple ne communiquait pas, mais ça ne dérangeait que les inconditionnels de la pomme. Aujourd'hui, l'iPod et plus récemment l'iPhone ont assuré à Apple une position de presque-leader ou plus exactement de pionnier, mettant ainsi la marque sur le podium. Et force est de constater que la même stratégie marketing qui faisait sourire autrefois dérange tout le monde aujourd'hui.
Comme quoi tout succès doit systématiquement rendre des comptes.